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Omelette

juillet 11, 2008

Aujourd’hui, vendredi, c’est Le Jour de l’Omelette! De lundi à jeudi, nous mangeons le midi, Tigger et moi, chacun de son côté, Tigger à son lieu de travail et moi à la maison ou là où je me trouve si je suis dehors. Mais vendredi, c’est différent: je m’en vais à Borough, le quartier de Londres où Tigger travail, et nous prenons le repas de midi ensemble dans un petit café italien que nous connaissons.

Les patrons nous connaissent bien aussi et ils sont gentils. Aussi “le jeune homme”, comme je l’appelle, qui nous sert. C’est un petit homme au cheveux gris et le regard vif, italien aussi, qui est très affable avec nous. On les aime tous bien.

Nous mangeons toujours la même chose: la fameuse omelette. C’est une “omelette espagnole”, style anglo-italien, si vous pouvez imaginer cela. Elle vient bien garnie de salade de laitue. Nous ne prenons jamais de sel à table mais nous aimons le poivre, tellement que je porte toujours avec moi un petit moulin à poivre rempli de grains de poivre noir.

La première fois que le patron nous a vu faire ça il était surpris et, je crois, un peu gêné. “Mais qu’est-ce c’est? Qu’est-ce que vous faites là!”

On a essayé de lui donner des explications. “Mais non, mais non! Nous avons du poivre, nous, et du bon. Suffit de demander.” Et il est parti se cacher dans sa cuisine visiblement ennuyé.

Sa femme, par contre, a trouvé ça marrant. “Poivre? Bon poivre noir? Non, y’a pas. Il radote. Allez-y avec le vôtre, ça m’ gêne pas.”

Donc, tous les vendredi, nous nous présentons dans le petit café. Nous n’avons même pas besoin de dire ce que nous voulons. “Le jeune homme” nous apporte un café noir pour moi et une tasse de lait chaud pour Tigger. Ensuite les omelettes, servies dans des assiettes ovales. Il les tourne soigneusement de sorte que la salade est à droite et l’omelette à gauche.

Parfois je suis tenté de tourner mon assiette dans l’autre sens mais il les place avec tant de sérieux que je pense que mon geste risquerait de le choquer.

Après avoir mangé, nous payons l’addition en échangeant les propos rituels:

“Encore une semaine de finie…”

“Eh, oui…”

“Comme le temps passe vite…”

“Alors, bon week-end…”

“A bientôt…”

“Vendredi prochain, alors…”

“Salut… Oui, salut…”

Eh oui, c’est fini pour une semaine. Mais vendredi viendra à nouveau et on pourra recommencer!