Archive de la catégorie «Par-ci, par-là»

Harrow-on-the-Hill

août 14, 2008
La Dame en Or
La Dame en Or

Cette image indique où nous étions cet après-midi. Elle représente ce que l’on appelle la “Golden Lady” (la Dame en Or) qui décore la façade d’un bâtiment en face de la gare d’autobus à Harrow-on-the-Hill.

Aujourd’hui le ciel était couvert et gris mais quand le soleil brille, elle est d’une beauté éclatante.

J’y suis allé chercher Tigger qui avait été envoyée par son employeur au bureau de Harrow. Ce qui est bien c’est qu’elle a été libérée à une heure et demie et nous avons pu passer ce qui restait de la journée à notre gré.

La Dame en Or
La Dame en Or

Je vous montre une deuxième image de la Dame parce que je l’ai trouvée très difficile à photographier et il en faudrait plusieurs images pour la montrer en toute sa gloire. D’abord elle est perchée très haut et ensuite il faut la voir en trois dimensions. Je pense que la seule façon adéquate de la représenter serait par un hologramme.

A Harrow se trouve une des écoles privées les plus réputées de l’Angleterre, Harrow School. Si vous vouliez y envoyer votre fils (parce que l’école n’accepte que des garçons), il faudrait avoir le porte-monnaie bien nourri.

L’école se situe sur la colline qui donne son nom à Harrow-on-the-Hill. Le quartier autour de l’école est presque comme une petite ville indépendente. Il est assez joli et nous y allons de temps en temps se promener ou – plus rarement à cause du prix – manger dans un des restaurants. Aujourd’hui nous nous sommes contentés de manger le midi dans un café sans monter en haut.

Sur le quai de la Metropolitan Line que nous prenions pour rentrer, nous avons rencontré une dame qui par gestes nous demandait si c’était bien le quai pour aller à sa station. Il est apparu qu’ell était française, de Paris, venue à Londres pour accompagner ses deux petits-fils qui assistaient à une école de langues. Nous avons bavardé en attendant le train et elle était contente de pouvoir enfin parler en français!

Ecureuil

août 13, 2008
L'écureuil fait les poubelles
L’écureuil fait les poubelles

En rentrant ce soir, Tigger et moi, nous avons vu cet écureuil qui faisait les poubelles tout tranquillement chez le voisin.

J’aime beaucoup les écureuils et je ne suis pas le seul. Je sais qu’en dépit de leur légèreté gracieuse ce sont des vrais brigands qui n’hésitent pas à s’attaquer aux mangeoires d’oiseaux – et même à faire fuir les oiseaux – pour avoir à manger. Il y a aussi eu des cas où un écureuil s’en est pris à une personne. Mais, après tout, il faut qu’ils se défendent comme tout le monde.

Nous habitons dans une rue principale qui mène d’Angel à Kings Cross. C’est une “Red Route” (une rue décorée tout le long d’une ligne rouge qui indique que les véhicules n’ont le droit de s’arrêter qu’aux feux rouges). Jour et nuit un flot continu de trafic passe devant chez nous mais ici les maisons sont séparées du trottoir par quelques mètres de jardin.

Dans cette bande de terre un peu malsaine se trouvent quelques grands arbres qui offrent dans leur branches supérieures un abri parfait pour les écureuils. On les voit pendant le jour – et même la nuit puisque les réverbères donnent une lumière assez claire – chercher à manger par terre et dans les poubelles (comme dans l’image) ou jouer et se disputer entr’eux.

Nous voyons aussi des renards – surtout la nuit – et des fois entendons leur cris déchirants. Ecureuils et renards ont tous les deux appris que les poubelles sont une ressource inépuisable de nourriture et comme les goélands dans les villes au bord de la mer, savent déchirer les sacs en plastique noir pour atteindre les bonnes choses qu’ils contiennent.

Personellement, je supporte quelques saletés par terre parce que je trouve c’est peu à payer pour la compagnie agréable de ces êtres qui nous rappellent une nature que nous sommes des fois trop prêts d’oublier.

Mon quartier

août 12, 2008

Je pourrais dire que je suis aux anges là où j’habite à Londres.

Comme vous le savez déjà peut-être, la capitale est divisée en boroughs, chacun avec son hôtel de ville et son council (conseil municipal), mais un borough est lui-même divisé en quartiers dont l’origine des noms est souvent perdue dans la nuit des temps.

Le petit apartement que je partage avec Tigger se situe dans le borough d’Islington, connu dans le temps comme une enclave d’artistes et écrivains mais de nos jours devenu plus populaire. Le nom est d’origine Anglo-Saxonne: on pense qu’un nommé Gisla habitait par ici sur une colline que l’on appellait par la suite “la colline de Gisla”, ou “Giseldone”. De là le nom moderne, Islington.

Angel, station de métro
Angel Station

Mais si vous nous demandiez où nous habitons, nous répondrions toujours par le nom de notre quartier, Angel. Pour un habitant de Londres, le borough est une entité politique et administrative, mais le quartier, c’est là où on habite, où on fait les courses, d’où on part le matin et où on revient le soir. C’est, enfin, là où on est chez soi.

Aujourd’hui, la position d’Angel est marquée par la station du même nom, une station de l’Underground, l’équivalent londinien du Métro parisien. Plusieurs lignes de bus se croisent ici et aux heures de pointe des masses de gens changent de bus ou entrent et sortent du “tube”.

Angel pub
The Angel

Le nom du quartier vient de celui de l’Angel Inn, l’auberge qui existait ici à l’époque des diligences. Ici on changeait les chevaux et les voyageurs mangeaient ou passaient la nuit avant de continuer le chemin.

L’auberge a disparu depuis longtemps mais ce pub moderne se trouve près du site.

Mais le pub et la station de “tube” sont loins d’être les seuls à porter un nom angélique.

The Angelic
The Angelic

Et voici justement un nom “angélique”, celui du pub dans l’image. Ce que ce bistro a de spécial, c’est l’horloge.

A première vue vous ne remarquez rien, peut-être, mais cette horloge, bien qu’elle marche parfaitement (elle marche comme une horloge), n’est jamais à l’heure. Elle avance de 6h 54m ou elle retarde de 5h 06m – il n’y a pas moyen de savoir lequel.

The Angel Inn Café
The Angel Inn Café

Mais ce n’est pas que les pubs qui prennent des noms angéliques. Voice un café qui a pris, sans façons, le nom de l’ancienne auberge historique. Des fois, nous mangeons le petit déjeuner ici, Tigger et moi, le weekend, avant d’aller en ville ou de partir en train faire une de nos expéditions.

Vous remarquez peut-être, le cendrier attaché au mur à gauche de la vitirine. C’est parce qu’on n’a plus le droit de fumer dans des lieux publiques et les fumeurs doivent alors fumer dehors.

Ailes d'ange
Ailes d’ange

Je pourrais vous montrer encore beaucoup d’images qui illustrent le thème de l’ange dans notre quartier mais je vous laisse avec celle-ci.

Ces ailes d’ange se trouvent dans l’inévitable “shopping centre” (centre commercial) d’Angel. Celui-ci s’appelle le “N1 Centre” parce que le code postal d’ici commence avec “N1″. Très inventif, non?

Pour moi, cette sculpture a plutôt l’air d’un avion d’une époque future quand nous aurons appris à créer des machines organiques et à la fois plus humaines.

En tout cas, voilà mon quartier que j’aime beaucoup comme le tigre aime sa jungle.

Trésor caché

juillet 24, 2008

Je suis allé me faire couper les cheveux ce matin. J’ai essayé un nouveau coiffeur. Je veux dire “nouveau” dans le sens que c’était la première fois que j’avais essayé celui-là. Le bonhomme lui-même est assez vieux et son établissement un peu délabré, donc pas du tout nouveau dans l’autre sens du mot. A vrai dire, j’y suis allé uniquement parce que mon ancien coiffeur vient d’augmenter ses prix et j’ai voulu voir si je pouvais me faire coiffer moins cher.

Sortant de chez lui bien tondu (“assez court” est une formule très subjective, paraît-il), je suis rentré par un chemin que je ne prends pour ainsi dire jamais. Le creuxJe me suis bientôt trouvé devant la grille d’un petit jardin public. Je me suis arrêté sans pouvoir me décider si je voulais me promener dans le jardin ou continuer vers la maison. C’est alors que j’ai remarqué cet arbre (à gauche).

Ce qui a attiré mon attention était les pigeons (et un écureuil qui est parti avant que je puisse sortir mon appareil) qui semblaient s’intéresser beaucoup au trou dans le tronc de l’arbre.

Cherche bienDeux oiseauxFlairant le mystère je me suis approché, doucement pour ne pas déranger les bêtes qui, je l’espérais bien, allaient me résoudre la question.

Pendant que les oiseux s’occupaient d’autre chose (l’écureuil ayant disparu dans les hauteurs de ce même arbre), j’ai pu regarder avec difficulté dans le creux assez étroit et là j’ai vu… vous avez deviné? non?… des cacahuètes! C’était des cacahuètes naturelles, c’est à dire encore dans leur gousses.

Il paraît qu’une âme gentille et généreuse y a placé les cacahuètes, peut-être comme cadeau pour l’écureuil, mais si c’est le cas, les oiseaux en profitent aussi et je suis sûr qu’il y en a assez pour tout le monde.

Cette découverte m’a fait plaisir et j’ai poursuivi mon chemin avec un petit sourire de contentement.

Le Cornichon et la Fourmilière

juillet 4, 2008

Cet après-midi Tigger m’a donné rendez-vous à Liverpool Street station. J’ai pris l’occasion pour faire ces deux photos pour vous montrer un coin de Londres moins touristique.

Dans la photo de gauche, le bâtiment au milieu qui se cache à moitié c’est le célèbre “Gherkin” (cornichon) qui a été construit pour remplacer le Baltic Exchange, démoli à la suite d’une bombe de l’IRA en 1992.

Selon les guides touristiques, nous, les londiniens, nous aimons le Gherkin qui pour nous est devenu un symbole familier et bien aimé comme le “Big Ben” ou la Tour de Londres. Moi je trouve que la forme est jolie, mais pas pour un bâtiment. Pour un outil domestique, peut-être, comme par exemple un aspirateur. Pour moi, s’il est symbolique, c’est parce qu’il symbolise cette génération d’architectes qui se soucient plus de se faire une renomée que du confort des gens qui doivent vivre et travailler dans leurs édifices.

J’appelle la photo de droite “La Fourmilière Humaine”. C’est une image de l’intérieure de la gare de Liverpool Street. Remarquez que ce n’est pas encore l’heure de pointe. Comment on le sait? Parce qu’on peut encore voir le sol entre les personnes!

Ne vous trompez pas: si mon ton des fois réflète une certaine ironie envers la bêtise humaine et surtout du gouvernement, cela n’empèche pas que j’aime profondément cette ville de Londres que j’ai adoptée et qui m’a adopté à son tour.

Le Gherkin Liverpool Street station