Archive de la catégorie «Nous deux»

Tigger, messagère

juillet 21, 2008

Tigger travaille pour une entreprise qui fait des recherches sur l’opinion publique. Je ne veux pas nommer cette entreprise pour ne pas attirer son attention aux anecdotes que je raconte sur elle de temps en temps. Elle n’aimerait peut-être pas que je dévoile ses petits secrets.

L’entreprise envoie des documents importants partout en Angleterre. Ce sont des soummissions à des appels d’offres et si son offre est acceptée cela peut lui rapporter beaucoup d’argent. C’est donc essentiel que ces documents soient envoyés en toute sécurité et qu’elles arrivent à leur destination avant une certaine date et heure limites, par exemple avant midi le 21 juillet.

Si l’équipe qui prépare un document arrive à le complèter de bonne heure, on peut le confier à une compagnie de messagers professionels qui le transportera dans un délai de quelques jours. Mais assez souvent, ceux qui le composent travaillent jusqu’au dernier moment. Alors le document doit être envoyé en urgence et cela coûte très cher.

Un jour, Tigger a entendu discuter un tel cas et s’est proposée comme messagère si on lui payait le billet de train. A sa grande surprise, ils ont accepté ce plan. Tigger en était très heureuse parce elle aime voyager et voir de nouveaux paysages. En plus, c’est mieux que travailler!

Depuis lors, elle a fait plusieurs “missions” de ce genre et chaque fois que je le peux, je fais le voyage avec elle. Une fois que le paquet est livré, nous sommes libres de passer la journée dans la ville en question ou de faire des tours dans la région.

J’ai déjà raconté certains de nos aventures sur mon blog en anglais, et je dis bien “aventures”, parce que des fois nous rencontrons des obstacles comme, par exemple, le train qui s’arrête et ne peut pas continuer. Cela nous est arrivé déjà deux fois. Ou bien que l’adresse sur le paquet est introuvable! Cela nous est arrivé aussi. En dépit de ces péripéties, Tigger est toujours arrivée à livrer le paquet.

Aujourd’hui elle a encore répété son exploit: nous sommes allés ensemble à Northampton, la ville renommée pour la fabrication de chaussures. Une fois que j’ai arrangé mes photos, je vous parlerai un peu plus de notre journée.

Omelette

juillet 11, 2008

Aujourd’hui, vendredi, c’est Le Jour de l’Omelette! De lundi à jeudi, nous mangeons le midi, Tigger et moi, chacun de son côté, Tigger à son lieu de travail et moi à la maison ou là où je me trouve si je suis dehors. Mais vendredi, c’est différent: je m’en vais à Borough, le quartier de Londres où Tigger travail, et nous prenons le repas de midi ensemble dans un petit café italien que nous connaissons.

Les patrons nous connaissent bien aussi et ils sont gentils. Aussi “le jeune homme”, comme je l’appelle, qui nous sert. C’est un petit homme au cheveux gris et le regard vif, italien aussi, qui est très affable avec nous. On les aime tous bien.

Nous mangeons toujours la même chose: la fameuse omelette. C’est une “omelette espagnole”, style anglo-italien, si vous pouvez imaginer cela. Elle vient bien garnie de salade de laitue. Nous ne prenons jamais de sel à table mais nous aimons le poivre, tellement que je porte toujours avec moi un petit moulin à poivre rempli de grains de poivre noir.

La première fois que le patron nous a vu faire ça il était surpris et, je crois, un peu gêné. “Mais qu’est-ce c’est? Qu’est-ce que vous faites là!”

On a essayé de lui donner des explications. “Mais non, mais non! Nous avons du poivre, nous, et du bon. Suffit de demander.” Et il est parti se cacher dans sa cuisine visiblement ennuyé.

Sa femme, par contre, a trouvé ça marrant. “Poivre? Bon poivre noir? Non, y’a pas. Il radote. Allez-y avec le vôtre, ça m’ gêne pas.”

Donc, tous les vendredi, nous nous présentons dans le petit café. Nous n’avons même pas besoin de dire ce que nous voulons. “Le jeune homme” nous apporte un café noir pour moi et une tasse de lait chaud pour Tigger. Ensuite les omelettes, servies dans des assiettes ovales. Il les tourne soigneusement de sorte que la salade est à droite et l’omelette à gauche.

Parfois je suis tenté de tourner mon assiette dans l’autre sens mais il les place avec tant de sérieux que je pense que mon geste risquerait de le choquer.

Après avoir mangé, nous payons l’addition en échangeant les propos rituels:

“Encore une semaine de finie…”

“Eh, oui…”

“Comme le temps passe vite…”

“Alors, bon week-end…”

“A bientôt…”

“Vendredi prochain, alors…”

“Salut… Oui, salut…”

Eh oui, c’est fini pour une semaine. Mais vendredi viendra à nouveau et on pourra recommencer!